mardi 10 novembre 2009

Destination Niger



Plus de 30° degrés, 2h20 du matin, je sors de l’aéroport de Niamey, au Niger, accueillie par Jason et Beth, les responsables de l’antenne d’ADRA Niger.



Enfin, mon rêve commence à devenir réalité. Depuis des années, je souhaite en effet me rendre utile en allant en Afrique.
Et c’est donc suite à de nombreux échanges par e-mails, de dossiers à compléter, mais aussi de moments d’attente et d’incertitude que me voici en train de les saluer.





Mais au fait, je ne me suis pas présentée :


Muriel Morlans.
Mon métier ? Avant mon départ, j’exerçais en France comme formatrice auprès de jeunes en maison familiale rurale. J’ai deux formations qui me seront très utiles au Niger : celle de conseillère en économie sociale et familiale (travailleur social pour venir en aide dans les domaines de la vie quotidienne comme la cuisine, le budget, …) et une formation en santé publique (prévention des maladies).


Quelle sera ma mission au Niger ? Je vais être éducatrice communautaire. C’est à dire que je vais donner des conseils de prévention en santé en sollicitant l’implication des villageois.

Ainsi je vais intervenir dans différents projets :
- Un projet sur l’hygiène et l’eau dans des écoles de Niamey : apprendre aux élèves à se laver les mains, à utiliser les latrines (toilettes), …
Quand cette phase de « test » sera terminée, je vais me rendre dans les villages plus reculés : Lorsque ADRA installe des forages, j’interviendrai dans la formation sanitaire des personnes constituant le conseil communautaire (personnes représentatives des villageois devant à leur tour former les autres villageois), mais aussi directement auprès des enfants à leur sortie de l’école.

- Un projet, financé en partie par ADRA France, sur le suivi d’un centre de formation des jeunes filles dans les domaines de la cuisine et de la couture.

Je viens de vous citer quelques exemples de projets au cours desquels je vais intervenir.
Ainsi, voici de belles expériences en perspectives et beaucoup de travail. Pour cela, je ne suis pas venue pour un mois seulement, mais pour une année. Vous pourrez donc suivre régulièrement l’avancée de ces projets mais aussi découvrir quelques portraits des personnes auxquelles ADRA vient en aide.

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dimanche 8 novembre 2009

De retour du Burkina Faso : Quelques réflexions / Home from Burkina Faso: A few reflections

Je suis rentrée en France maintenant depuis plusieurs mois et j’ai eu le temps de digérer mon expérience en Afrique.

Au départ, il m’a été difficile de me réadapter à la vie en France. Le jour après mon retour, je ne me sentais pas bien. Je vivais ce que j’avais lu : l’après-coup d’une expérience en Afrique. Je me sentais léthargique et indifférente à presque tout ce qui se passait autour de moi. J’étais contente d’être de retour mais la pensée de reprendre la routine quotidienne ne m’intéressait pas.

J’étais cependant très reconnaissante de goûter encore une fois du pain complet et frais (rare en Afrique). Quel luxe de pouvoir manger des aliments savoureux, nourrissants et propres ! Et parlant de fruits : quelle joie de pouvoir en manger sans devoir au préalable les désinfecter et de manger des crudités sans d’abord les avoir fait tremper dans de l’eau de javel pendant une demi-heure ! Il m’a fallu un peu de temps pour me réajuster à ces différences subtiles dans les habitudes quotidiennes.

Sans aucun doute, je peux dire que maintenant j’apprécie beaucoup plus les petites choses ici en Europe : le fait de choisir les études qui me plaisent, ce que je veux manger et où je vais ; un bon système de santé ; de l’eau potable ; la liberté donnée aux femmes. A un autre niveau , j’apprécie d’être en bonne santé et de vivre dans un pays où je peux aller me coucher le soir sans avoir peur des maladies, sans me demander si je pourrais manger demain ou pas et avec l’assurance que quand je me réveillerai le matin, je pourrai choisir les vêtements que je porterai.

Regardant en arrière, l’Afrique m’a fait vivre les limites de ce que je pouvais supporter – à la fois émotionnellement et physiquement. J’ai vu la souffrance d’une mère qui venait de perdre son bébé d’un mois. J’ai vu une pauvreté impossible à exprimer correctement avec des mots. J’ai souffert de violentes douleurs causées par une intoxication alimentaire qui m’ont obligée à m’aliter pendant une semaine. Donc, me retrouver encore une fois immergée dans le style de vie européen m’a fait un choc.

Mes pensées retournent souvent en Afrique et à mon devoir de ne pas oublier les gens que j’ai rencontrés et la pauvreté difficile dans laquelle ils vivent. Ces souvenirs sonnent pour moi comme des cloches pour m’avertir quand je me sens devenir ingrate, égoïste et indulgente.

Je repense aux discussions que j’ai eues et dans lesquelles j’avais honte de parler de l’Europe. Prenons Evelyne par exemple : une mère de 30 ans qui a insisté sur le fait qu’elle et les autres femmes de son village ont beaucoup souffert pendant les dix dernières années parce qu’elles n’avaient pas d’eau potable à proximité, qu’elles n’avaient pas de latrines et pas la capacité de fournir un revenu à leurs familles. Comment je pourrais leur expliquer qu’en Europe, on peut faire livrer ses courses à la maison et que l’on est considéré comme très pauvre si l’on n’a pas assez d’argent pour avoir une voiture ?

Ou bien, comment je pourrais expliquer à Martin que pendant qu’il se prive de nourriture et qu’il souffre de la faim parce que ses parents n’ont pas de moyens, je serai en train de décider si je veux manger au restaurant ou si je préfère prendre mon repas à la maison avec un réfrigérateur plein de nourriture ? Est-ce que je devrais mentionner le fait que tandis qu’il va aller se coucher dans le noir, je serai en train de regarder un programme émis par une télévision à grand écran ou bien sur mon ordinateur portable ou peut-être que je serai en train de jouer sur une des trois consoles de jeux à la maison ?

De même, je n’arrivais pas à avouer à Delwende, un enfant de 13 ans qui n’ira jamais à l’école et qui souffre d’une bronchite chronique depuis deux ans, que les soins médicaux sont gratuits en Europe ainsi que la scolarité et que si l’on nous forçait à payer, il est fort probable qu’on ferait grève. Je me sentais gênée de tout ce qu’on se permet et dont je n’osais pas parler : le fait qu’on renouvelle notre téléphone portable tous les ans ainsi que nos ordinateurs portables pour avoir le modèle le plus récent ; qu’on ait au moins une voiture par famille, parfois plus ; qu’à Noël nous dépensons des centaines d’euros pour des cadeaux destinés à nos amis et à nos familles…

En rentrant en Europe, au lieu de tomber dans la même routine confortable qu’avant, j’ai pris la décision de ne pas oublier ces personnes et leur souffrance. Je ne veux pas me sentir coupable pour le luxe que j’ai en Europe, mais je ne veux pas non plus oublier ma responsabilité envers des personnes défavorisées. Le sentiment inconfortable de honte que je ressens en comparant tout ce que j’ai avec le peu qu’ils ont me donne envie de partager avec eux une partie de ce que j’ai la chance d’avoir.

Même si je ne retourne jamais en Afrique et que je ne suis plus jamais confrontée au niveau de pauvreté que j’ai vu en Afrique, je sais qu’il y a beaucoup de façons d’être solidaires avec ceux que j’ai rencontrés : avec mon argent, mon temps et ma voix. Ces personnes ont besoin que nous renoncions à certaines choses pour soulager leur souffrance. Avec tous nos excédents, nous pouvons vraiment améliorer leur vie. Ce que je gaspille (mon temps, mon argent, mon énergie...) est perdu pour eux. Je suis responsable; vous êtes responsable. Nous sommes tous responsables.

I’ve been home for a few months now, and I’ve had time to digest my experience in Africa.

Initially, it was difficult readjusting to life in France. The day after my return, I felt unwell and to add to this, I just couldn’t make myself feel happy. I was experiencing what I had read about: the African experience aftermath. I felt lethargic and indifferent to most of what was going on around me and while I was glad to be back, the thought of fitting into the mundane daily routine once more didn’t appeal to me.

In saying this, I was extremely grateful to taste freshly baked, whole-wheat French bread (rare in Africa). It felt like such a luxury to eat clean, nutritious food once again. Not to mention the fruit; what a luxury to be able to eat fruit without first having to disinfect it and being able to eat raw vegetables without first soaking them in bleach for 30 minutes! It took me a while to readjust to these subtle differences in daily habits.

Without a doubt, I can say that I appreciate the little things a lot more here in Europe: choosing what I study, what I eat and where I go; a good health care system; clean water and the freedom afforded to women. On a more simple level, I appreciate being in good health and living in a country where I go to sleep at night without the fear of disease, without worrying about whether I will eat tomorrow or not and with the knowledge that when I wake up tomorrow, I will have the choice as to what I will wear.

Looking back, Africa pushed me to my limits in many senses—both emotionally and physically. I saw the grief of a mother who had just lost her one-month-old baby, I witnessed poverty that I find difficult to express in words, and I was crippled in pain for a week with food poisoning. Therefore, being plunged back into European lifestyle gave me a shock.

My mind keeps taking me back to Africa and to my duty not to forget the people I met and the difficult poverty they live in. These memories are like warning bells when I want to be ungrateful, selfish and indulgent.

I think back to the times when I felt embarrassed talking about Europe in Africa.
Take Evelyn for example: a 30 year old mother who stressed how much she and the other women of her village had suffered over the past ten years because they didn’t have drinkable water nearby, They had no latrines and no skills to be able to provide an income for their family. How could I explain to her that in Europe, you can have your groceries delivered to your doorstep and that you’re considered really poor if you can’t afford a car?

Or how could I explain to Martin that while he starves himself because his parents don’t have any money, I will probably be deciding whether to go out to a restaurant to eat or whether to cook for myself at home with a fridge full of food? Or should I mention that while he goes to bed in the dark at night, I will probably be watching a program on a wide-screen LCD screen or my laptop or perhaps I’ll be playing on one of the three game consoles in my home?

Similarly, I couldn’t bring myself to explain to Delwende, a 13 year old boy who will never go to school and who has been suffering from chronic bronchitis for two years, that health care and schooling is free in Europe, and if we were forced to pay, we would probably go on strike. I felt so embarrassed about the indulgences that we allow ourselves that I dared not talk about some aspects of Europe: the fact that we update our mobile phones and laptops to the latest model every year or so, that we have at least one car per family, often more, that for Christmas we may spend hundreds of pounds on gifts for our friends and family....

Rather than coming back to Europe and falling back into my same, comfortable routine, I made the decision to not forget these people and their suffering. I don’t want to feel guilty for the luxuries I am afforded here, but I also believe I shouldn’t forget my responsibility towards those less fortunate. This uncomfortable feeling of shame and embarrassment at having so much makes me want to give back to them what I have been so lucky to receive.

Even if I never go back to Africa and I am never confronted with this level of poverty again, I know that there are many other ways I can show solidarity towards those I met: with my money, my time and my voice. These people need us to give up something in order to relieve their suffering. From all the excess that we possess, we can make a world of a difference to them. My waste is their loss. Your waste is their loss. The responsibility is mine and it’s yours; in short, it's ours.

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vendredi 6 novembre 2009

Moments passés avec les animateurs d’ADRA Burkina/Time Spent with ADRA Burkina Employees

Sautant sur la moto, nous sommes partis dans la poussière. Nous ne voyions pas où nous allions, et je ne voulais pas regarder non plus. Si j’avais pensé que nous étions allés assez loin dans la brousse, j’avais tort. Nous avons traversé un paysage qui ressemblait à un désert à toute allure jusqu’à ce qu’on aperçoive des cases au loin. Une fois garés, un groupe de 20 personnes, y compris un homme en béquilles de bois, nous a accueillis avec des mangues, des poignées de main et un salut burkinabè (un signe de respect et un accueil).


Telle était la réaction de ce village face aux animateurs ADRA qui leur avaient fourni un puits. Les animateurs d’ADRA Burkina, des Burkinabés employés par ADRA pour surveiller les projets sur le terrain, connaissaient bien ces gens. Pendant nos visites dans d’autres villages, numérotant leurs puits et forages, je me suis rendu compte que ces animateurs avaient une très bonne relation amicale avec les villageois.


A la fin de chaque journée, j’avais reçu tellement de mangues que j’ai commencé à me demander s’il était possible de faire de la soupe aux mangues ! Mais bon, il n’était pas très difficile de comprendre l’affinité qu’ils ressentaient envers les animateurs ADRA qui visitaient leurs villages et répandaient de la joie où qu’ils aillent : Diasso, l’un des animateurs, chassait les enfants sur sa moto pour s’amuser et trouvait de joie à voir la fosse fumière remplie de paille. Il était tellement content qu’il sautait dessus. La fosse fumière s’est transformée en château gonflable ; là, c’est original ! Sa joie était contagieuse et Noufou, un autre animateur, l’a rejoint !


Enfin, c’était chouette d’exercer avec des gens qui trouvaient du plaisir à travailler avec les villageois, qui prenaient le temps de faire connaissance avec les gens qu’ils aidaient et pour qui leur but est de répandre l’amour envers leur voisin.


Je suis très contente d’avoir eu l’occasion de passer du temps avec ces employés d’ADRA Burkina qui se battent pour réduire la pauvreté dans leur pays. La prochaine fois que je roulerais en moto, je penserai à eux !


Hopping on the motorbike, we set off into the dust. We couldn’t see where we were going, and I didn’t really want to look. If I thought we were far enough into the sticks, I was wrong. We sped past what appeared to be desert-like landscape until we spotted some huts far in the distance. As we pulled up, a group of around 20 people, including one man in wooden crutches, greeted us with mangoes, handshakes and the Burkinabè bow (a sign of respect and a greeting).


Such was the reaction of this village to the ADRA workers who had brought a well to their village. The ADRA workers, citizens of Burkina Faso hired by ADRA to monitor ADRA’s projects in the field, clearly knew these people very well. As we drove around other villages, coding their wells and boreholes, I realised that the ADRA workers have a really good relationship and friendship with their fellow compatriots.


By the end of each day, I had received so many mangoes I began to wonder whether it was possible to make mango soup! Then again, it was not so hard to understand their fondness for the ADRA field workers who visited their villages and spread joy wherever they went: Diasso, one of the ADRA employees, chased around the children on his motorbike for fun and he was so happy to see a compost pit full to overflowing with hay that he decided to start jumping on it. Compost pit turned bouncy castle; that’s a new one! This fun was contagious and soon Noufou, my fellow painter, joined him!


All in all, it was great working with people who enjoyed their job, who took the time to get to know the people they are helping and whose desire it is to spread their love for fellow man!


I’m really happy I was given the opportunity to spend time with these great workers whose goal it is to reduce poverty in their country. The next time I get on a motorbike, I’ll think of them!


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lundi 19 octobre 2009

Conditions de travail sur le terrain / Work Conditions in the field


Beaucoup de gens sauteraient sur l’occasion de faire une mission humanitaire dans le cœur d’une des régions les plus pauvres de l’Afrique. C’est quelque chose qui semble exotique, utile et émouvant. Et pourtant, quand je me suis retrouvée en mission au Burkina, je me suis rendu compte que les conditions sur le terrain n’étaient pas du tout ce que l’on pouvait s’imaginer. Ma vision « romantique » du travail humanitaire sur le terrain a été surtout gâchée par trois choses : les abeilles, les heures passées sur une moto et le soleil.


En Europe, de temps en temps, je dois chasser un insecte ou deux, mais sur le terrain au Burkina, je me suis retrouvée entourée, non pas d’un seul, mais d’un essaim d’abeilles affamées et assoiffées. J’avais peur pour ma vie pendant que je codifiais les puits et forage, les abeilles tournaient autour de l’eau, de mes jambes, de mes bras, de mes mains et de ma tête. En dépit de ma réticence et de ma peur, je serrais les dents et j’ai pérais que les abeilles préféreraient l’odeur de l’eau plutôt que du sang irlandais. Dans un effort de ne pas embêter les abeilles, j’ai peint avec des touches rapides et acrobatiques. J’ai réussi à survivre sans être piquée, et pour cela, j’ai été très reconnaissante.

Mais encore pire que les abeilles étaient les longs trajets effrayants et inconfortables sur la moto tous les jours. Derrière mon collègue, Noufou, chaque jour commençait par un voyage d’une heure pour arriver à notre destination pour la journée. Les routes étaient poussiéreuses, sinueuses et je dirais même dangereuses. Après les premiers voyages, je me suis rendu compte que je devais rester très alerte parce que des animaux apparaissaient de nulle part et sans l’expérience de Noufou et sa conduite prudente, je pense que nous aurions fini par cuire un de ces animaux pour notre déjeuner (et moi qui suis végétarienne !). Heureusement, ces animaux parlaient la même langue que notre klaxon sur la moto et disparaissaient vite de vue. Pendant qu’on allait de puits à latrine, et de latrine à forage, la moto était notre compagnon. A la fin de chaque journée, mes muscles criaient « s’il te plaît, je ne veux plus de la moto pour quelques jours ». Mais le lendemain matin, qu’il me plaise ou non, il était temps pour une autre aventure sur la moto. En total, j’estime que nous avons passé à peu près 6 heurs sur la moto chaque jour ! Ai!

On m’avait dit qu’il ferait chaud en Afrique, et comparé aux abeilles dangereuses et aux trajets à moto, la chaleur pourrait sembler la chose la plus facile à gérer. Mais la chaleur était plus intense que tout ce que j’avais vécu en Europe, et pire, il fallait la supporter 12 heures par jour. Après les premières quelques heures sur les chantiers, la chaleur m’a fait réaliser que mon travail n’allait pas être du gâteau. La codification des puits, des latrines et des forages n’était pas une tâche impossible. Cependant, quand j’ai senti la sueur couler sur mon front à 9h du matin, je me suis rendu compte que cela allait être une bataille. A 13h, le soleil atteignait 47° à peu près et à cette heure-là, mes chaussures étaient tellement chaudes que je devais courir à l’ombre après chaque réalisation. Cette course était en soi un défi parce que le soleil avait zappé toute mon énergie. Comme témoignage à la chaleur, je buvais 5l d’eau par jour (à peine suffisant), et il était rare que je doive aller aux toilettes. A 17h, j’ai respiré un soupir de soulagement à voir que le soleil cédait et que mes chaussures commençaient à se refroidir en préparation pour le voyage de retour.

J’ai beaucoup aimé le temps que j’ai passé à peindre, à visiter les villages et à sentir que je contribuais à des projets de valeur. Néanmoins, les abeilles, les voyages sur la moto et la chaleur ont fait de leur mieux pour me faire rester sur le qui-vive. Au moins j’ai eu une expérience africaine authentique !

Many people would jump at the opportunity of setting out on a humanitarian mission in the heart of one of Africa’s poorest regions. It’s something that seems out of the ordinary, exciting, and most of all moving. Yet, when I found myself in this position, I found it to be difficult.

My romantic view of humanitarian field work was dazed by the bees, the hours I spent on a motorbike, and the sun. In Europe, I had had to swat away a pesty insect or two from time to time, but on the work sites in Burkina, I found myself surrounded by not one but swarms of thirsty and hungry bees. I literally feared for my life as I coded wells and bore holes while bees hovered around the water, my legs, my arms, my hands and my head. Despite my reticence and fear, I braved the challenge, closed my mouth and carefully picked up my paintbrush. With each stroke, I hoped that the bees would prefer the smell of the water to Irish blood. It often required swift and sophisticated movements on my part to avoid bothering the bees. I did manage to survive without getting bitten, and for this I was very thankful.

Even worse than the bees were the the scary and uncomfortable long motorbike rides I had to endure each day. Riding behind my colleague, Noufou, each day began with a one hour-ride to our
first destination for the day. The roads were dusty, windy and I would even say dangerous. After the first few trips, I realised I needed to keep my wits about me as animals appeared from nowhere and without Noufou’s experienced, careful driving, I think we would have ended up cooking one of these animals for lunch (even though I’m a vegetarian). Luckily, these animals spoke the same language as the horn on our motorbike and quickly disappeared from sight. As we meandered from well to latrine, and latrine to bore hole, the motorbike was our companion. At the end of each day, my muscles cried out “please no more motorbike for another few days”. But the next morning, like it or not, it was time for another motorbike adventure. In total, I think we spent around 6 hours on the motorbike a day- ouch!

I had been told that it would be hot in Africa, and compared to the life-threatening bees and motorbike rides, the heat might seem like the easiest thing I had to deal with. But the heat was greater than anything I had ever experienced in Europe, and worse, it had to be dealt with 12 hours a day. From the first few hours I spent on one of the work sites, the heat made me realize that my job wasn’t going to be as easy as it seemed. Coding
wells, latrines and bore holes hadn’t like an overly-arduous task. Yet, when I felt the sweat running off my forehead at 9am in the morning, I realised this was going to be a battle. By 1 o’clock the sun hit around 47° and by this time, my shoes were so hot I had to run to the shade after each well was coded. This running back and forth was in itself a challenge as the sun had zapped all my energy. As a further testimony to the heat, I drank 5L of water a day (which barely quenched my thirst), and I rarely needed to go to the toilet. At 5 o’clock I breathed a sigh of relief as the sun finally started relenting and my shoes started to cool down in preparation for the journey home.

I thoroughly enjoyed my time painting, visiting villages and feeling that I was contributing to a worth-while project. Nonetheless, the bees, the motorbike journeys and the heat made sure I was kept on my toes. At least I had an authentic African experience!

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Un autre petit garçon que je n'oublierai pas / Another Little Boy I Will Remember

Je n'oublierai pas l'image de ce petit garçon.


Nous l'avons rencontré dans l'un des villages que nous visitions. Il était habillé dans une chemise, autrefois blanche, qui n’était pas de sa taille, sans chaussures...


Ce qui a vraiment attiré mon attention vers lui c'étaient les insectes qui s'accumulaient dans les coins de ses yeux. Il les chassait de temps à autre mais ils ne cessaient de retourner.


J’ai essayé de comprendre pourquoi ce petit garçon et sa situation m’affectaient autant, alors qu'il y avait des enfants dans le besoin partout. Peut-être que c’était la tristesse dans ses yeux et le sentiment que le problème des insectes ne faisait qu’ajouter des soucis à sa vie déjà difficile.


En tout cas, son silence, dans ce petit village perdu dans la compagne du Burkina Faso, restera dans ma mémoire.


An image from Burkina that will remain in my memory is that of a little boy in one of the small villages that I visited with ADRA staff.


He was dressed in a once-white t-shirt obviously not his size, had dirty skin and was bare foot.


What really stood out to me, though, were the insects that accumulated in the corners of his eyes. He tried to swat them away from time to time, but they kept returning.


I tried to figure out why this little boy and his situation bothered me so much. After all, there were children in need everywhere. Perhaps it was the sadness in his eyes and the feeling that with the difficult situation in which he already lives, the insect problem was just taking the biscuit!


In any case, the silence of this little boy from a poor village in the lost countryside of Burkina Faso will remain in my memory.

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vendredi 2 octobre 2009

Delwende - un petit garçon que j’ai appris à aimer / Delwende - A Little Boy I Learned to Love


Pendant que les autres enfants jouaient ensemble, il me regardait avec curiosité à travers la fenêtre de mon bureau pendant des heures. Le lendemain, il est revenu mais a été chassé par des gens qui se trouvaient à proximité. Il me semblait qu’il était classé comme « l’enfant malade qui ne s’entend pas avec les autres ». D’un premier coup d’oeil, j’ai remarqué les vêtements en loques qu’il portait, la taille de son ventre, gonflé de vers, et la gravité de sa toux. A part cela, il me semblait un jeune garçon normal, quoique très timide. Il s’appelait Delwende.


Quels que soient les efforts que j’ai faits, je n’ai pas pu éviter la gravité de sa toux. Puisqu’il a passé beaucoup de son temps près de mon bureau, c’était inévitable. Non seulement ça m’a inquiétée ; ça m’a embêtée. Pourriez-vous regarder un petit garçon, sans éducation, sans amis, et apparemment sans avenir, tousser jusqu’au point de vomir -- ou presque -- sans que quelque émotion remonte ? Il était malade et avait besoin d’amitié et d’amour.

Avec cette connaissance, quand j’ai appris que Delwende ne jouait pas avec les autres enfants parce qu’ils ne l’aimaient pas, je sentais que la vie n’était pas juste pour ce petit garçon. Ce sentiment-là n’a fait que grandir en apprenant qu’il ne vivait pas à CAFORMA mais qu’il venait à pied (20 minutes de marche) chaque jour pour être avec d’autres personnes. Sa famille vivait dans un bâtiment isolé et usé pas trop loin du centre. Cherchant des amitiés, CAFORMA a semblé être l’endroit le plus sûr de trouver d’autres enfants et des activités.

Et pourtant, parce que sa famille luttait pour survivre, Delwende ne pouvait pas recevoir l’affection qu’il méritait. Sa famille l’aimait mais avec 3 des 4 enfants malades, et très peu de moyens, il n’était pas possible d’acheter le traitement nécessaire pour le soigner. Pour soigner tous leurs enfants, il leur aurait fallu 10 € : une grosse somme pour une famille pauvre au Burkina.

Regardant en arrière, je revois Delwende assis sur une chaise dans mon bureau, silencieux. Parfois il me regardait quand je travaillais, parfois il gribouillait, parfois il essayait de copier son nom. Je suis contente d’avoir rencontré Delwende et si la seule raison pour laquelle je devais aller en Afrique était parce que je devais le rencontrer et avoir une influence sur sa vie, alors je peux dire avec confiance que cela en a valu la peine.


While the other children were playing together, he peered at me through my office window for hours. The following day, he came back, only to be chased away by some people nearby. He seemed to be labelled “the sick child that doesn’t get along with the other kids”. What I noticed about him was the ragged clothes he wore, the size of his belly, inflated by worms, and the gravity of his cough. Apart from that, he seemed like a normal young boy but very shy. Delwende was his name.

No matter how hard I tried, I couldn’t escape Delwende’s cough. As he spent a lot of his time either in my office or near it, it was unavoidable. It not only worried me; it bothered me. Could you watch a little boy, with no education, no friends and apparently no future, cough until near-vomiting point without some emotion stirring inside? He was sick and in need of friendship and love.


With this knowledge, when I found out that Delwende didn’t play with the other children because they didn’t like him, it seemed life was just not fair for this little boy. This feeling was only to increase as I discovered that Delwende didn’t live in CAFORMA but walked about 20 minutes each day to come and be around other people. His family lived in an isolated, run-down building not too far from the centre. Seeking
friendship, CAFORMA seemed the most likely place with lots of children running around and lots of activity.

And yet, because each family struggles to get by, Delwende could not receive the TLC he deserved. His family is caring, but with three of the four children ill, and very little income, it wasn’t possible to buy the necessary treatment. To treat all three children, they needed around €10.


Looking back, I can see Delwende sitting on a chair in my office in silence, sometimes watching me as I work, sometimes doodling, sometimes attempting to copy his name. I’m happy to have met Delwende, and if the only reason I went to Africa was to meet him and have the opportunity to have an influence on his life, then I can say with confidence that it was truly worth it.

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jeudi 24 septembre 2009

Un repas typique au Burkina Faso / A Typical Meal in Burkina Faso

Haricots, haricots, et encore des haricots. C’est ce que vous mangeriez, servis avec du millet ou du riz, jour après jour, si vous étiez pauvre et que vous viviez au Burkina Faso.


Des légumes seraient rares et les seuls fruits que vous mangeriez seraient des manguiers qui poussent à côté de chez vous. Vous cueilleriez du néré (ça ressemble à des gousses qui contiennent une substance poudreuse) des arbres près de chez vous et si les temps étaient difficiles pendant la saison sèche, vous chercheriez des feuilles, des arbres du coin pour faire une sauce qui irait avec le millet que vous écraseriez tous les jours.


Si vous mangiez de la viande, ce serait la viande de vos propres animaux.


Ce repas serait servi au soir et si votre famille était très pauvre, ce serait votre seul repas du jour. Pour le petit déjeuner, ce repas serait réchauffé et s’il en restait, ce serait votre repas du midi.


Tels sont les coutumes culinaires dans un pays où les gens luttent pour survivre.


Beans, beans, and more beans. This is what you would eat, served with millet or rice, if you were poor and lived in Burkina Faso.


Vegetables would be rare and the only fruit you would eat would be from the mango trees growing near your home. You would pick “néré” (looks like peas in a pod but actually contains a powder-like substance) from the trees growing near home and if times were tough during the dry season, you would search for leaves from the local trees to make a sauce to go with the millet you grind every day. The meat you would eat would come from the animals you own.


This meal would be served in the evening and if your family is very poor, this will be your only meal for the day. For breakfast, this meal will be reheated and if there’s any left over, this will also be your lunch.


Such are the culinary customs in a country where people struggle to survive.



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