dimanche 3 mai 2009

Un aperçu de la vie villageoise / A Little Taste of Village Life

Dans la banlieue de Ouagadougou il y a deux jours, un ami burkinabè, Jérôme, m’a montré avec fierté le nouveau forage qu’on vient d’installer près de chez lui. Il m’a expliqué qu’avant, les femmes du village devaient marcher pendant un kilomètre pour remplir 5/6 bidons d’eau de 20 L et après, il fallait tout transporter au village. Maintenant, avec ce nouveau forage il n’est question que de quelques mètres pour aller chercher de l’eau.


Je me suis dit « je vais tenter un coup ». En fait, c’est comme une grande pompe et à la voir, on dirait que ce n’est pas trop difficile à pomper mais au bout d’une minute, les muscles commencent à faire mal ! Quand je l’ai essayé, je savais que tout le monde me regardait donc j’ai lutté pour pomper les 20 litres.

Quand j'avais terminé, je croyais avoir fait assez d’exercice pour la journée ! Mais je n’avais rempli qu’un bidon ; les filles qui étaient là devaient en remplir 5 ou 6 et elles n’avaient que 14 ou 15 ans. Ici, c’est le travail des femmes donc je ne conseillerais personne, ni homme ni femme, de tester leurs muscles ! Je pense que si je devais vivre comme ces femmes pendant un an je serais extrêmement forte mais ce serait difficile.

Quand j’ai vu la joie sur le visage de Jérôme quand il me parlait du forage, je me suis rendu compte qu’un petit cadeau comme ça à un village peut faire un grand impact sur leur vie. Et voici pourquoi j’aime le slogan d’ADRA : changer le monde une vie à la fois ! C’est pour cela que je suis là.

While in the suburbs of Ouagadougou two days ago, my Burkinabè friend (Jerome) showed me with pride the new bore hole just recently installed near their home. He explained that before, the women of the village had to walk about 1 km and fill 5/6 20l containers and then transport this back to the village. Now, this new hole allows them to have access to water a matter of a few metres away.

I thought I’d give the bore hole a try. Basically, it’s a big pump and it doesn’t look too difficult to work, but after a minute or so the muscles start to ache. When I tried, I knew everyone was watching me, so I struggled to get the 20l pumped into the container. By the end, I thought I’d done enough exercise for the day!

But I had only filled one container; the girls who were there for water had about 5 or 6 to fill and they were only about 14/15. Here, this is women’s work so I wouldn’t advise anyone to arm wrestle these women. I think if I had to live like these women for a year, I’d be extremely strong but personally, I think it would be tough!

Seeing the joy on Jérome’s face when he told me about the bore hole made me realise that one small gift to a village community can make a great impact on their lives. And that’s why I love ADRA motto: change the world one life at a time! That’s what it’s all about.

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vendredi 1 mai 2009

Me salir les mains / Getting my hands dirty

Il y a quelques jours, j’ai découvert la joie de faire du compost avec les stagiaires ! Je savais que CAFORMA m’offrirait plein de surprises, mais je n’avais pas imaginé qu’une de ces surprises impliquerait de rouler dans la boue ! Parfois les meilleures surprises sont celles auxquelles on s’attend le moins !


Ayant été coupé de toute électricité (très courant ici !) à cause d’un problème avec l’électrogène, je n’avais rien à faire. Ici, comme en Europe, la vie tourne autour des ordinateurs (dans mon travail en tout cas). Donc, j’ai décidé d’aller regarder les stagiaires à leur travail.

Dans la chaleur étouffante d’avril, les jeunes hommes travaillaient dur. Et, ils avaient l’air de s’amuser. Travaillant en équipe, plusieurs d’entre eux marchaient à pas lourds dans le compost, d’autres remplissaient les seaux d’eau et d’autres encore préparaient les cendres pour mettre au dessus. Les stagiaires aiment s’amuser et ils ont commencé à danser dans le compost, ce qui a rendu leur travail beaucoup plus léger !

Cependant, un des stagiaires s’est énervé un peu puisqu’ils devaient faire le compost sans bottes alors il est parti, laissant son ami tout seul dans le compost. J’ai donc décidé de lui donner un coup de main. Avec mes tongs, une jupe et les jambes nues, j’ai sauté dans le compost et commencé à m’amuser aussi !

Quand tout le monde travaille ensemble, on s’amuse beaucoup mieux et cela allège le travail. Daouda, un des stagiaires le plus jeune, a décidé de profiter de son temps de ravail dans le compost et a fait un mouvement acrobatique en entrant dans le fossé. Daouda et son frère ont continué avec une danse dans le fossé, tout en faisant le compostage. J’ai pensé que c’était une bonne manière de travailler ; allons nous amuser dans notre travail même si c’est dur !

Quand j’ai fini, que j’étais sale! Mes jambes l’étaient à cause de la chaleur, je sentais comme si je venais de rouler dans la boue. Cela restera un de mes meilleurs souvenirs de CAFORMA. Qui a dit qu’on ne peut pas s’amuser quand on travaille pour ADRA ?

A few days ago, I discovered the joy of making compost with the interns! While I knew CAFORMA held many surprises for me, I hadn’t imagined one of these surprises involving rolling in the mud. Sometimes the best surprises are the ones we least expect!

Having been cut off from electricity (very common here!) due to a fault with the generator, I didn’t have anything to do. Here, like in Europe, life evolves around computers (in my work anyway). So, I decided to go and watch the interns at work.

In the suffocating heat of April, the guys were working pretty hard. And, it looked like a lot of fun. Working together as a team, some of them were stomping around in the compost, some were collecting water and some were preparing the ashes to place on top. The interns are fun-lovers and started dancing in the compost, which made their work a lot lighter!
However, one of interns got a little annoyed because he had to make compost without any wellington boots so he walked off, leaving the other intern on his own in the pit so I thought I’d give it a go and give the intern a hand. So, in flip-flops, a skirt and bare legs, I jumped into the compost pit and started having fun!

When everyone works together, it’s actually a lot of fun and the work-load is lighter. Daouda, one of the youngest interns, thought he would enjoy his time in the compost pit and enacted some kind of aerobics movements on his entry into the pit. Luckily, I caught this on camera [see photo above], and every time I think of it, it makes me laugh. Daouda and his brother enacted some kind of dance while stomping down the hay in the pit and I thought it was a good way to work; let’s make our work fun even if it’s tough going!
When I finished, I was really dirty. My legs were dirty and because of the heat, I felt like I had just rolled in the mud. But, this will remain one of my fond memories of CAFORMA! ADRA can be a LOT of fun!

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vendredi 17 avril 2009

Quelques différences / A Few Differences


Il y a beaucoup de différences de culture entre le Burkina Faso et l’Europe. Ici les gens sont ravis d’apprendre comment cultiver. C’est ce qu’ils veulent faire de leur vie.

En Europe, nous valorisons l’éducation et surtout un niveau élevé d’éducation. Nous avons le choix de devenir des médecins, des infirmiers, des pilotes, des secrétaires, etc. Ici le choix est fait pour vous. Si vous êtes né dans une famille d’agriculteurs, c’est cela que vous ferez dans la vie. Vous soutiendrez votre famille.

Ici, les gens restent dans le village où ils sont nés durant toute leur vie. En Europe, nous sommes constamment en train de bouger, ou au moins nous avons cette possibilité. Ici le nombre d’options est très limité par les circonstances familiales et l’argent.

C’est bizarre pour moi de penser que ces gens sont nés dans ce village, ont toujours vécu ici et vivront toujours ici. Peut-être que c’est juste parce que moi-même je suis souvent en train de bouger.

I just thought I’d share a few ideas about the differences in culture between Burkina and Europe. Here, people are more than happy to learn how to cultivate. This is what they want to do in life. This is what they want to succeed.

Europe is so different; we value education and a high level of education. We have the choice to be doctors, nurses, pilots, secretaries etc. Here, the choice is made for you. If you are born in an agricultural family, that is what you will do in life. You will support your family.

Also, people here remain in their village their whole lives, in general. In Europe, we are constantly moving around, or at least we have this possibility. Here, the number of options is strictly limited by family circumstances and money.

It’s strange for me to think that these people were born in this village, have always lived there and will always live there. Perhaps this is just because I move around so much.

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mardi 14 avril 2009

Serpents ! / Snakes!

Les étudiants m’ont dit qu’il y avait des serpents autour du campus, mais comme je n’en avais pas encore vu, je me suis dit qu’ils devaient être rares. Mais, le jeudi soir, tandis que nous étions tous dehors en train de discuter, nous avons entendu un froissement fort. Comme il y a beaucoup de grenouilles ici (et lorsque je dis beaucoup, c’est BEAUCOUP !), nous pensions que c’étaient les grenouilles qui bougeaient. Cependant, les grenouilles bougent uniquement lorsque quelqu’un passe avec une lampe de poche, alors l’un des étudiants est allé voir et justement, c’était un énorme serpent ! Ils pensent que c’était un cobra. Il était littéralement à 5 mètres de là où nous étions assis.

Les stagiaires ont pris un grand couteau pour essayer de le tuer, mais le serpent s’est échappé (s’ils l’avaient attrapé, ils voulaient en manger !).

Ce que j’ai trouvé le plus étonnant par rapport à cette expérience c’est comment les stagiaires ont réagi ensuite. Ils dorment toujours dehors parce qu’il fait tellement chaud ici, mais généralement ils prennent leur sommier et matelas et tout, alors ils ne sont pas carrément par terre. Mais, l’un des stagiaires a pris son matelas et l’a mis directement par terre—tout de suite après le passage du serpent ! Et encore plus incroyable, l’un des autres jeunes hommes a été faire ses besoins dans les arbustes, là où avait été le serpent, sans lampe de poche, sans couteau, sans rien. Je ne pouvais pas vraiment comprendre pourquoi ils se mettaient dans des situations aussi précaires, mais eux ils trouvaient marrant que j’étais aussi inquiète par rapport à tout cela. Espérons tout simplement que je ne rencontre pas moi-même l’un de ces serpents !

The interns mentioned a few times that there were snakes around the campus, but as I hadn’t seen one, I thought they were pretty scarce. However, on Thursday evening, while we were sitting outside chatting, we heard a loud rustling sound. As there are lots of frogs around here (and when I say a lot, I mean A LOT!), we initially thought it was the frogs moving. However, the frogs only move when someone passes with a torch, so one of the interns went to investigate and right enough, it was a huge snake! They think it was a cobra. It was literally about 5 metres away from where we were all sitting. The interns took a big knife and went to try and kill it, but it escaped (they were planning on eating it if they caught it!).

What I found amusing about this experience was what happened after. The interns sleep outside because it’s soo hot here at night, but they take the bed frame and everything so they’re not actually on the ground. But, one of the interns just took his mattress and slept on the ground right after the passing of the snake! And to top off the courage of these guys, one guy, about 30 minutes later, went to urinate in the bushes, right where the snake passed, with no torch, no light, nothing. I couldn’t really understand why they would put themselves in such a precarious situation but anyway, they found it funny that I was so edgy about this! Let’s hope I don’t actually see one of these snakes!

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mercredi 8 avril 2009

Une journée typique à CAFORMA / A Typical Day at CAFORMA

A CAFORMA ma routine quotidienne consiste à me lever à 6h00 du matin au plus tard, manger avec les étudiants à 6h30 (nous mangeons généralement de la bouillie de riz et de blé) et commencer à travailler vers 7h30.

Il fait tellement chaud ici dans la journée que rien qu’à rester dehors en position assise, on se met à suer. Hier les températures ont atteint plus de 50°C. Le volant de la voiture était tellement chaud que nous ne pouvions pas le toucher et nous pouvions à peine nous asseoir sur les sièges de la voiture. En ne restant que 10 minutes dehors, on peut attraper un coup de soleil !


Notre bloc d’alimentation pendant la journée est l’énergie solaire et puis l’électricité est allumée à 18h30 avec le coucher de soleil. Nous avons ensuite 3 heures pour travailler parce que l’électricité est coupée à 21h30 précises.

Après il n’y a pas d’autre choix que de trouver autre chose à faire. Impossible de travailler sur l’ordinateur. Mais c’est une bonne occasion pour discuter avec les gens et se coucher de bonne heure ! J’ai aussi commencé à jouer aux dames avec les étudiants et cela peut durer très longtemps lorsque l’on commence à devenir compétitif.


In CAFORMA my daily routine consists of getting up at 6:00 a.m., latest, eating with the interns at 6:30 a.m. (this is usually la bouillie which is rice/grain purée, or hot cereal), and start working around 7:30 a.m. By this time everyone is up and ready to go!

It gets so hot here during the day that just sitting inside makes you sweat! Yesterday, the temperature reached over 50°C! The steering wheel in the car was so hot we couldn’t touch it, and we could barely sit on the seats in the car. If you go outside for 10 minutes you can catch a tan!

Our power source during the day is solar energy, and the electricity is turned on at 6:30 p.m. with the sunset. We then have 3 hours to work as the electricity is turned off at 9:30 p.m. on the dot! After this, there’s no choice but to find something else to do. So, no computer work can be done. It’s a good opportunity to catch up with people and to go to bed early! I’ve started playing draughts with the interns and that can last for a LONG time when you get competitive!

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mardi 7 avril 2009

Les enfants / The Children


Je dois vous parler des enfants qui habitent près de CAFORMA.

Pendant plusieurs jours, je les regardais se promener dans les champs, cherchant quelque chose à faire. Ensuite je les ai vus en train de trainer autour de nous lors du repas de midi et je ne savais pas vraiment pourquoi. Lorsque presque tout le monde fût parti, un petit garçon d’environ 7 ans est venu me demander en Mooré s’il pouvait avoir les restes. J’ai eu tellement mal au cœur. Cela se passe comme cela tous les jours.

Vu que ces enfants n’avaient apparemment pas grande chose à faire, j’ai décidé d’essayer de leur apprendre quelque chose d’amusant. J’ai pris ma corde à sauter et je leur ai montré comment s’en servir. Ils ont trouvé cela vraiment amusant et le lendemain ils sont venus à mon bureau pour chercher la corde. Je les ai regardés jouer à l’extérieur. Ils sautaient à la vitesse de la lumière ! Je suis allée dehors jouer avec eux, c’était très amusant.

Maintenant je suis en train de réfléchir à des jeux que je pourrais leur apprendre pour leur donner quelque chose à faire. Lorsque j’étais enfant, je me souviens d’avoir joué à plein de jeux amusants, mais ces enfants jouent avec des branches. Je ne les ai jamais vu jouer à quelque chose de vraiment innovant ou amusant.

J’aime tellement les enfants ici ! Même si certains d’entre eux sont malades avec des vers ou des toux, ils sont quand même joyeux et comme tous les enfants, ils s’amusent avec des jeux très simples.

I have to mention something about the kids who live near CAFORMA. For several days, I watched them walking around in the fields, looking for something to do. I then saw them at lunch hanging around outside one day, and I didn’t really know why. When almost everyone had left, a little boy about 7 years old came and asked in Mooré if he could have the leftovers. I felt really bad for them. This happens every day.

Because these kids seemed to just wander around together, I thought I’d try to teach them to do something fun. I took my skipping rope and showed them how to skip. They thought this was really good fun and the next day, they came to my office to get the skipping rope. (They follow me everywhere now!) I watched them play outside. They skip at the speed of light! I then went out to play with them, and it was such fun.

I’m now trying to think of games I can teach them to give them something to do and also because when I was a child I remember skipping, doing hop scotch, and playing lots of games, but these kids play with sticks. I have yet to see them play something inventive or really fun.

I love the kids here! Even though some of them are obviously sick with worms and really heavy coughs, they’re still joyful and like all other kids, really excited with simple games!

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dimanche 5 avril 2009

Martin

Maintenant, je suis à CAFORMA, le centre de formation agricole, où l’une de mes tâches est d’interviewer les étudiants.

L’histoire de Martin, qui a 18 ans, m’a particulièrement frappée. (Martin est le jeune homme dans le tee-shirt orange dans la photo.)

En 2005, les parents et les quatre frères et soeurs de Martin ont perdu leurs moyens d’existence lorsqu’une maladie a frappé emportant 45 vaches qu’ils possédaient.

Conscient qu’il n’avait pas d’autre choix, Martin a quitté l’école. Ses parents étaient trop vieux et trop fatigués pour survivre sans son aide.

«Si je n’arrive pas à prendre soin de mes parents âgés, pour leur donner un peu de repos, honnêtement … je ne sais pas quoi dire parce que cela me fait souffrir », m’a-t-il dit. « Je dois souffrir pour eux. Même si je n’ai que deux vêtements, je dois penser d’abord à eux. »

Même avec les durs efforts de Martin, la famille doit lutter pour survivre. Dans la saison sèche, il y a deux jours par semaine où ils ne peuvent pas manger. Et les autres jours, ils ne peuvent manger qu’une fois par jour.

La vie de Martin est une vie de sacrifice. Il fait n’importe quel travail qu’il peut trouver pour gagner quelques centimes afin de se nourrir. Mais c’est uniquement après s’être assuré que ses parents ont eu assez à manger qu’il mange lui-même. S’il n’y a pas assez pour lui, il dit à ses parents qu’il a déjà mangé pour ne pas qu’ils s’inquiètent. Une fois il a dû passer 7 jours sans manger, mais il ne se plaint jamais.

«Même si je dois passer 9 jours sans manger mais que mes parents ont quelque chose à manger, je suis heureux», m’a-t-il dit.

Dans la formation que Martin fait actuellement à CAFORMA, il est en train d’acquérir des compétences qui lui permettront à l’avenir d’avoir assez à manger. Mais pour Martin, ce qui compte le plus c’est de savoir que grâce à ses nouvelles connaissances en maraîchage, ses parents auront une meilleure vie.


I’m now spending some time in CAFORMA, the agricultural training center, where one of my jobs is interviewing the students.

Eighteen-year-old Martin’s story really stood out. (Martin is the young man in the orange t-shirt in the first photo above.)

In 2005, Martin’s parents and four brothers and sisters lost their means of existence when disease took the lives of the 45 cattle they owned.

Knowing he had no other choice, Martin quit school. His parents were just too old and tired to survive without his help.

“If I fail to take care of my elderly parents, to help them have some rest, honestly … I don’t know what to say because it hurts me,” Martin told me. “I have to suffer for them. Even if I only have two items of clothing, I have to think of them first.”

Even with Martin’s efforts, the family has struggled to survive. In the dry season, they must go hungry two days a week. The other days they can only eat once a day.

Martin’s life is one of self-sacrifice. He will do any job he can to earn a few cents for meals. But it is only after making sure his parents have had their fill that he will eat himself. If there’s not enough for him, he tells his parents he has already eaten so they don’t worry. Once he went 7 days without eating, but he doesn’t complain.

“Even if I go 9 days without eating and my parents have something to eat, I’m happy,” he told me.

In the training Martin is now receiving at CAFORMA, he is gaining invaluable skills in market gardening that will prevent him from going hungry in the future. But for Martin, what counts most is knowing that thanks to his new knowledge, his parents will have a better life.

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