lundi 19 octobre 2009

Un autre petit garçon que je n'oublierai pas / Another Little Boy I Will Remember

Je n'oublierai pas l'image de ce petit garçon.


Nous l'avons rencontré dans l'un des villages que nous visitions. Il était habillé dans une chemise, autrefois blanche, qui n’était pas de sa taille, sans chaussures...


Ce qui a vraiment attiré mon attention vers lui c'étaient les insectes qui s'accumulaient dans les coins de ses yeux. Il les chassait de temps à autre mais ils ne cessaient de retourner.


J’ai essayé de comprendre pourquoi ce petit garçon et sa situation m’affectaient autant, alors qu'il y avait des enfants dans le besoin partout. Peut-être que c’était la tristesse dans ses yeux et le sentiment que le problème des insectes ne faisait qu’ajouter des soucis à sa vie déjà difficile.


En tout cas, son silence, dans ce petit village perdu dans la compagne du Burkina Faso, restera dans ma mémoire.


An image from Burkina that will remain in my memory is that of a little boy in one of the small villages that I visited with ADRA staff.


He was dressed in a once-white t-shirt obviously not his size, had dirty skin and was bare foot.


What really stood out to me, though, were the insects that accumulated in the corners of his eyes. He tried to swat them away from time to time, but they kept returning.


I tried to figure out why this little boy and his situation bothered me so much. After all, there were children in need everywhere. Perhaps it was the sadness in his eyes and the feeling that with the difficult situation in which he already lives, the insect problem was just taking the biscuit!


In any case, the silence of this little boy from a poor village in the lost countryside of Burkina Faso will remain in my memory.

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vendredi 2 octobre 2009

Delwende - un petit garçon que j’ai appris à aimer / Delwende - A Little Boy I Learned to Love


Pendant que les autres enfants jouaient ensemble, il me regardait avec curiosité à travers la fenêtre de mon bureau pendant des heures. Le lendemain, il est revenu mais a été chassé par des gens qui se trouvaient à proximité. Il me semblait qu’il était classé comme « l’enfant malade qui ne s’entend pas avec les autres ». D’un premier coup d’oeil, j’ai remarqué les vêtements en loques qu’il portait, la taille de son ventre, gonflé de vers, et la gravité de sa toux. A part cela, il me semblait un jeune garçon normal, quoique très timide. Il s’appelait Delwende.


Quels que soient les efforts que j’ai faits, je n’ai pas pu éviter la gravité de sa toux. Puisqu’il a passé beaucoup de son temps près de mon bureau, c’était inévitable. Non seulement ça m’a inquiétée ; ça m’a embêtée. Pourriez-vous regarder un petit garçon, sans éducation, sans amis, et apparemment sans avenir, tousser jusqu’au point de vomir -- ou presque -- sans que quelque émotion remonte ? Il était malade et avait besoin d’amitié et d’amour.

Avec cette connaissance, quand j’ai appris que Delwende ne jouait pas avec les autres enfants parce qu’ils ne l’aimaient pas, je sentais que la vie n’était pas juste pour ce petit garçon. Ce sentiment-là n’a fait que grandir en apprenant qu’il ne vivait pas à CAFORMA mais qu’il venait à pied (20 minutes de marche) chaque jour pour être avec d’autres personnes. Sa famille vivait dans un bâtiment isolé et usé pas trop loin du centre. Cherchant des amitiés, CAFORMA a semblé être l’endroit le plus sûr de trouver d’autres enfants et des activités.

Et pourtant, parce que sa famille luttait pour survivre, Delwende ne pouvait pas recevoir l’affection qu’il méritait. Sa famille l’aimait mais avec 3 des 4 enfants malades, et très peu de moyens, il n’était pas possible d’acheter le traitement nécessaire pour le soigner. Pour soigner tous leurs enfants, il leur aurait fallu 10 € : une grosse somme pour une famille pauvre au Burkina.

Regardant en arrière, je revois Delwende assis sur une chaise dans mon bureau, silencieux. Parfois il me regardait quand je travaillais, parfois il gribouillait, parfois il essayait de copier son nom. Je suis contente d’avoir rencontré Delwende et si la seule raison pour laquelle je devais aller en Afrique était parce que je devais le rencontrer et avoir une influence sur sa vie, alors je peux dire avec confiance que cela en a valu la peine.


While the other children were playing together, he peered at me through my office window for hours. The following day, he came back, only to be chased away by some people nearby. He seemed to be labelled “the sick child that doesn’t get along with the other kids”. What I noticed about him was the ragged clothes he wore, the size of his belly, inflated by worms, and the gravity of his cough. Apart from that, he seemed like a normal young boy but very shy. Delwende was his name.

No matter how hard I tried, I couldn’t escape Delwende’s cough. As he spent a lot of his time either in my office or near it, it was unavoidable. It not only worried me; it bothered me. Could you watch a little boy, with no education, no friends and apparently no future, cough until near-vomiting point without some emotion stirring inside? He was sick and in need of friendship and love.


With this knowledge, when I found out that Delwende didn’t play with the other children because they didn’t like him, it seemed life was just not fair for this little boy. This feeling was only to increase as I discovered that Delwende didn’t live in CAFORMA but walked about 20 minutes each day to come and be around other people. His family lived in an isolated, run-down building not too far from the centre. Seeking
friendship, CAFORMA seemed the most likely place with lots of children running around and lots of activity.

And yet, because each family struggles to get by, Delwende could not receive the TLC he deserved. His family is caring, but with three of the four children ill, and very little income, it wasn’t possible to buy the necessary treatment. To treat all three children, they needed around €10.


Looking back, I can see Delwende sitting on a chair in my office in silence, sometimes watching me as I work, sometimes doodling, sometimes attempting to copy his name. I’m happy to have met Delwende, and if the only reason I went to Africa was to meet him and have the opportunity to have an influence on his life, then I can say with confidence that it was truly worth it.

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jeudi 24 septembre 2009

Un repas typique au Burkina Faso / A Typical Meal in Burkina Faso

Haricots, haricots, et encore des haricots. C’est ce que vous mangeriez, servis avec du millet ou du riz, jour après jour, si vous étiez pauvre et que vous viviez au Burkina Faso.


Des légumes seraient rares et les seuls fruits que vous mangeriez seraient des manguiers qui poussent à côté de chez vous. Vous cueilleriez du néré (ça ressemble à des gousses qui contiennent une substance poudreuse) des arbres près de chez vous et si les temps étaient difficiles pendant la saison sèche, vous chercheriez des feuilles, des arbres du coin pour faire une sauce qui irait avec le millet que vous écraseriez tous les jours.


Si vous mangiez de la viande, ce serait la viande de vos propres animaux.


Ce repas serait servi au soir et si votre famille était très pauvre, ce serait votre seul repas du jour. Pour le petit déjeuner, ce repas serait réchauffé et s’il en restait, ce serait votre repas du midi.


Tels sont les coutumes culinaires dans un pays où les gens luttent pour survivre.


Beans, beans, and more beans. This is what you would eat, served with millet or rice, if you were poor and lived in Burkina Faso.


Vegetables would be rare and the only fruit you would eat would be from the mango trees growing near your home. You would pick “néré” (looks like peas in a pod but actually contains a powder-like substance) from the trees growing near home and if times were tough during the dry season, you would search for leaves from the local trees to make a sauce to go with the millet you grind every day. The meat you would eat would come from the animals you own.


This meal would be served in the evening and if your family is very poor, this will be your only meal for the day. For breakfast, this meal will be reheated and if there’s any left over, this will also be your lunch.


Such are the culinary customs in a country where people struggle to survive.



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dimanche 20 septembre 2009

Sala

Si vous la rencontriez dans la rue, elle vous semblerait une fille comme toutes les autres. Vous penseriez qu'elle avait passé toute la matinée à l'école à faire ses calculs, à écrire des poèmes et des articles sur sa famille.

Malheureusement, la réalité est bien différente.

A l'âge d'onze ans, Sala travaille déjà en tant que servante dans le foyer d'une famille de cinq enfants à Ouagadougou. Sa propre famille, qui l'a envoyée à la capitale pour travailler, probablement à cause de leur incapacité à la soutenir, vit dans un village loin d'ici.

Dans un sens, Sala n'est pas si différente que ça des milliers d'autres filles du Burkina. Dans ce pauvre pays d'Afrique de l'Ouest, il est normal que les filles n'aillent pas à l'école et qu'elles aident à la maison, contribuant ainsi aux frais de la famille.

Cependant, le cas de Sala m'a semblé autrement différent. Peut-être c'est la pensée que les enfants dont elle a la garde iront à l'école un jour tandis qu'elle n'est même pas capable d'écrire. Ou c'est peut-être parce qu'à un âge aussi jeune, elle a pris la responsabilité d'une famille qui n'est pas la sienne sur ses épaules alors que sa propre famille ne joue plus de rôle dans sa vie. Quelque soit la raison, quand je regarde cette fille es
sayer d'écrire son nom et lutter pour le faire, cela m'attriste ainsi qu'Elizabeth.

Pour Sala, Elizabeth et moi représentions l'opportunité d'écrire, et nous nous intercessions à elle en tant qu'être humain. Comme démonstration de son appréciation, j'ai reçu un petit bout de papier froissé où elle avait noté l'alphabet. Nous ne parlions pas la même langue, mais j'ai compris ce qu'elle voulait dire : "Merci de m'avoir aidée".

If you were to meet her on the street, she would seem just like any girl. You would think she had spent all morning at school, calculating sums, creating poems and writing essays about her family.


Sadly, the reality is different.


At age eleven, Sala already works as a servant in the home of a family of five in Ouagadougou. Her own family, who sent her to the capital to work as a servant most probably because of their incapacity to support her, lives in a village far from here.


In a sense, Sala is not so different from thousands of other girls in Burkina. In this poor West African contry, it's quite normal for girls not to go to school and to help out in their homes instead, contributing to family expenses.


Yet, to me Sala's case seems even worse than that of other poor Burkinabè girls. Perhaps it's the thought that the children she looks after will one day go to school while she is still incapable of writing. Or maybe it's because, at such a young age, she has taken on the responsability of a fmaily while her own no longer plays a part in her life. Whatever the reason, watching this girl attempt to write her name and struggling saddened both Elizabeth and me.


For Sala, Elizabeth and I were the promise of learning to write, and we were interested in her as a person. As a token of appreciation, I received a little piece of creased paper where she had printed the alphabet. We didn't speak the same language, but I understood what she meant: "Thank you for helping me."


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