jeudi 22 avril 2010

A Niamey: un cours de couture dans un centre de formation

Petit retour au Niger avec Muriel:

Pendant preque 5 mois, j'ai visité régulièrement un centre de formation pour femmes qui a pour mission de les sortir de la pauvreté et de la prostitution.
Leur activité principale est la couture dans le but de leur apprendre le métier de couturière, après trois ans de formation.

Chaque matin, les femmes arrivent entre 8h et 9h selon la distance qu’elles ont à parcourir pour venir au centre. Elles y resteront jusque 15h car depuis un mois, le centre a reçu un financement pour offrir un repas aux filles, auquel elles y apportent également une contribution financière de 100F par jour (soit 0,15€, l’équivalent du prix d’une demi baguette).

Ensuite, tous les jours, sauf le mercredi réservé pour la cuisine, elles se répartissent entre la salle de couture ou bien les bancs dans la cour à l’ombre des arbres.

Pour ces cours, 3 monitrices encadrent les jeunes filles (tricot, crochet, et couture sur machine à coudre):


Les élèves de premières années apprennent le tricot et réalisent des cagoules en laine. Et oui, lors de la saison fraîche aux mois de décembre, janvier, alors qu’il fait 15 degrés le matin, vous croiserez les Nigériens vêtus de gros pull en laine et de gros manteaux. Les cagoules ont un réel succès car presque tous les enfants qui partent à l’école en portent une.

Elles font aussi des objets en crochet : des napperons, des couvre-télévision ainsi que des ensembles pour les bébés (jupe et haut) :

Elèves en train de réaliser des jupes

Elles ont également appris à confectionner des ensembles pour couvrir les canapés et fauteuils (pour mettre sur les accoudoirs et comme appui-tête) à l’aide d’un cadre en bois à clous sur lequel elles tendent de la laine.

La directrice en train de montrer une jupe réalisée au crochet et sur la droite de la photo, un protège accoudoir pour canapé en marron et blanc.

Les élèves de 2ème année apprennent la broderie sur les draps car au Niger on a comme coutume d’offrir des draps brodés aux jeunes mariés.


Elles apprennent aussi la couture sur machine à coudre avec les 3èmes années.


Lors de ma dernière visite, j’ai assisté à un cours de couture. La monitrice faisait la démonstration devant quelques élèves pour réaliser un pagne façon grand-mère, qui se reconnaît à ses larges manches tombantes: il faut prendre les mesures, dessiner le patron à la craie, couper le tissu et prévoir les finitions.


Puis, la monitrice passe le relais à quelques unes qui le font à leur tour devant les autres élèves.


Enfin, chaque élève ayant assisté à la démonstration le fera à son tour et le coudra avec sa machine. En effet, une machine a été attribuée à chaque élève. Elles en sont responsables. Si une petite pièce casse par leur faute, elles doivent la remplacer.

Toutes les semaines, les élèves apprennent au moins un modèle de pagne. A la fin de la formation, elles sauront ainsi réaliser beaucoup de modèles pour satisfaire les clients.
Cette formation a donc pour but de transmettre à ces jeunes filles un savoir faire en les sortant de la précarité. Mais elles y apprendront aussi un savoir être, c'est-à-dire le sens de l’écoute et du respect de soi et des autres (discipline, ponctualité,…).
As you can see, I don't add the english translation but you can go on the google website. Thanks for your understanding.

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mardi 23 mars 2010

Abris pour des familles à Petit-Goâve / Shelters for families in Petit-Goâve



Les activités d'ADRA France se focalisent sur la commune de Petit-Goâve. Commune située à 60 km à l'ouest de Port au Prince, Petit-Goâve a payé un lourd tribut suite au tremblement de terre du 12 janvier 2010.

Cette localité vivant principalement d'agriculture et de pêche a été durement touché : 60 % des bâtiments sont détruits ou sévèrement endommagés, plus de 3 500 familles vivant dans le bourg sont aujourd'hui sans toit.

Actuellement tous les sans abris dorment dans des abris d'urgence faits de tentes, de bâches en plastique, de matériaux de récupération. Les tentes sont implantées dans les rues ou dans des camps spontanés sur des terrains vagues. La saison des pluies qui commence rend leur situation plus précaire chaque jour.


ADRA France ainsi que les bureaux de Suisse, d'Allemagne, d'Autriche, de Belgique, du Canada, de Roumanie, du Danemark et de République Tchèque, se mobilisent pour soutenir les sans abris en leur fournissant une solution d'abris temporaire (qui dureront de 3 à 5 ans).

La course contre la montre est lancée puisque l'objectif est de permettre à 1500 familles de posséder un abris temporaire avant le début de la saison cyclonique (fin mai). Pour ce faire ADRA Haïti à ouvert un bureau permanent à Petit-Goâve et l'équipe d'expatriés travaillant à ce projet monte en puissance avec à ce jour 8 personnes.

Un abris type de 18 m² a été mis au point. Il est prévu pour résister aux cyclones jusqu'a des vents de 200 km/h. Un modèle est en cours de construction dans le centre ville de Petit-Goâve.


Les évaluations sur le terrain commencent dans quelques jours afin de déterminer les lieux d'implantation des abris.

Commenceront alors la formation des équipes techniques et la construction des abris.

- Max

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jeudi 18 mars 2010

Haïti : Moments passés à l'ONU / Moments spent at the UN

Aujourd’hui la réunion est sur la phase du premier relèvement. (La gestion d’une catastrophe est divisée en trois phases principales : la première urgence / le premier relèvement / la reconstruction.)


Nous parlons de la nécessité d’un assainissement amélioré, pour évacuer les eaux usées : une chose bien plus urgente que de déblayer les décombres, dit-on.


J’apprends qu’ils ont retenu mon idée de faire un blog où nous pourrions partager des informations qui pourraient être consultées à tout moment, par tout le monde plutôt que d’envoyer des mails.


A la fin de la réunion, je me dirige vers la tente orange pour écrire mes notes. Au moins j’essaie… Comme d’habitude, l’échange avec les autres commence ; si ce n’est pas moi, c’est une personne ou un groupe qui m’approche et me pose des questions. Cela fonctionne vraiment bien lorsque je porte mon chapeau ADRA ou une veste ou un t-shirt avec le logo ADRA.


Parfois, entre les réunions, j’en profite pour marcher à l’intérieur

de l’enceinte de l’ONU. La marche et l’exercice me manquent en Haïti. Par mesure de sécurité, les employés des ONGs doivent demeurer en terrain familier et ne pas se promener seuls aux alentours.


C’est maintenant le moment de quitter les lieux de l’ONU. Je suis habituée de voir les dégâts dûs au séisme, mais les vidanges partout me donnent mal au coeur. Il y a tant de choses à faire ici en Haïti, mais j’espère que l’on pourra quand même répondre assez vite au besoin de nettoyer les rues et les canaux.


- Geneviève


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Haïti : Réunion de coordination à l’ONU sur la nutrition / UN Cluster Meeting on Nutrition


Un autre jour à l'ONU. Le sujet de la réunion de coordination d'aujourd'hui : la nutrition.

Présents : des travailleurs de la santé de plusieurs organisations non-gouvernementales (ONGs) et une docteure haïtienne du Ministère de la santé.


Un représentant de l’UNICEF dirige la réunion. Le principal sujet du jour : comment s’assurer que les plus faibles (enfants en bas âge, malades et femmes enceintes) s’alimentent correctement.


Les différentes ONG nous informent sur la façon dont elles gèrent les problèmes qu’elles rencontrent actuellement et les solutions apportées. Le médecin du Ministère de la santé nous fait partager leur façon de voir les choses et comment on peut collaborer avec eux.


Tout d’un coup, on entend un énorme bruit qui fait sursauter le docteur. « Il ne faut pas s’inquiéter, » dit le représentant de l’UNICEF, « c’est juste un avion ».


« J’ai entendu un bruit semblable juste avant le tremblement de terre du 12 janvier » répond le médecin.


Les pauvres comme les gens éduqués, tous ont le droit d’être effrayés. Nous sentons les ondes de choc depuis le 12, mais en général sans aucun son.


Mais malgré l’effet traumatisant que le séisme a eu sur tout le monde ici, il faut continuer à avancer et à aider les survivants à se remettre debout. Et c’est pour cela que nous sommes là.


- Geneviève


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vendredi 26 février 2010

Visite à Petit-Goâve / Petit-Goâve Visit

Moi, une fille de la campagne n'étant pas habituée à la vie dans une grande ville comme Port-au-Prince, ai bien aimé ma visite à Petit-Goâve en compagnie de Max et de mes autres collègues, dont le directeur d’ADRA Haïti, et deux employés d’ADRA Danemark et d’ADRA Allemagne.

Nous avons rencontré les autorités de cette ville pour discuter de nos plans pour la reconstruction du village dans un futur proche. Après la rencontre dans la tente qui remplace les bureaux officiels de la municipalité, nous sommes allés avec le maire voir un député qui a des idées très intéressantes. Avant le séisme, il avait déjà entrepris la construction d’une maison traditionnelle en bois et tôle, car il savait qu'un tremblement de terre devait se produire entre 2010 et 2012. Il a même des réfugiés sur son terrain.

Les connaissances de cet homme m’ont émerveillée. Si seulement les Haïtiens avaient les moyens de développer tout leur potentiel !

Par après, nous avons circulé sur des routes montagneuses pour nous rendre dans un petit village de 125 familles. On ne dirait pas qu'il y a tant de familles, car ils vivent très éloignés les uns des autres. Ils sont très pauvres mais malgré cela ils vivent en bonne intelligence et je les ai vus faire ensemble du sport sur un des terrains plats.

Tout en examinant les lieux, nous avons parlé aux habitants qui connaissaient très bien leur environnement et ils sont d’accord pour la construction de maisons pour les réfugiés. Bien sûr, nous ne les laisserons pas sans ressources. Ce n'est cependant pas l'endroit idéal, car il faudrait drainer le terrain et l'emplacement ne permet que 500 habitations.

D'autres rencontres et visites de site sont prévues pour bientôt.

La plus grande difficulté de cette journée a consisté à se retenir de manger devant les Haïtiens qui meurent de faim. Nous étions fatigués, nous n’avions pas mangé depuis des heures, et lorsqu'on pensait avoir garé le véhicule 4 x 4 dans un endroit suffisamment retiré, ils nous ont vus manger et bien sûr ils se sont approchés de nous pour nous solliciter. N'importe qui l'aurait fait à leur place.

Geneviève

Photos :
(1) La "Mairie" actuelle à Petit-Goâve

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jeudi 25 février 2010

Routine quotidienne de Geneviève en Haïti / Geneviève's Daily Routine in Haiti

Je m'appelle Geneviève et je suis stagiaire chez ADRA France cette année. Je suis actuellement en mission en Haïti pour un mois pour aider ADRA à s’informer sur ce que font les autres ONGs et comment nous pouvons collaborer tous ensemble avec les Nations Unies (l'ONU) pour transformer ce monde sinistré en un monde fort et rempli d'espoir.

Je dois dire que je n'ai toujours pas de mots pour décrire ce que je vois en Haïti....


Ma routine quotidienne est généralement la suivante :


Le matin, je me réveille vers 4h00 au son de la musique des chants et louanges en provenance d’un camp de réfugiés à proximité de mon auberge. Il n'est pas garanti d'avoir de l'eau dans la salle de bain et lorsqu'il y en a, j'apprécie l'eau froide. Je mange mon petit déjeuner seule. Parfois je regarde s’il n'y a pas une mangue qui est tombée d'un arbre dehors et que je peux ajouter à mon repas. Puis, un chauffeur passe me chercher pour me conduire à l'ONU. Le trajet peut prendre de 1 heure à 2 heures avec la circulation. Je dois partir au plus tard à 7h00 du matin pour arriver à temps.


Je peux avoir de 2 à 3 rencontres de 30 minutes à 1 heure chaque jour à l'ONU. Entre les rencontres, je parle avec les autres personnes présentes ou je me dirige vers une tente pour écrire un rapport.


Une fois les rencontres terminées, j'attends mon chauffeur et je retourne au bureau d'ADRA Haïti à Carrefour. À 18 heures, nous nous réunissons pour discuter de la journée et coordonner les activités du lendemain. Cette rencontre peut durer 30 minutes comme elle peut durer 2 heures. Par après, quelques-uns restent un peu plus longtemps au bureau et d'autres retournent à leur hôtel respectif avec des chauffeurs. Une fois à l'hôtel, on prend du temps pour bavarder, certains prennent un repas, d'autres se retirent pour être seuls, dormir, etc.


L'internet n'est pas toujours disponible à l'auberge et à l'ONU la chaleur ne me permet pas toujours d'utiliser mon ordinateur, car il surchauffe. En Haïti la chaleur se mêle à la poussière.


Aujourd'hui une autre journée commence, je ne suis pas oubligée à me rendre à l'ONU. Je vais travailler sur les comptes-rendus des rencontres, sur des dessins techniques par ordinateur d'abri temporaire et profiter d'un dîner fait par un membre de l'équipe des volontaires haïtiens.


À bientôt. Geneviève


Photos :
(1) En train d'arriver à l'ONU pour les réunions de coordination

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jeudi 18 février 2010

Une semaine que nous sommes arrivés en Haïti / One week after arriving in Haiti

Une semaine que nous sommes arrivés en Haïti.

Un hélicoptère s'envole de la base d'ADRA afin de distribuer des tentes et de la nourriture dans des zones rurales et montagneuses. Seul un hélicoptère peut rapidement porter secours à ces populations qui sont parfois totalement isolées.

Le vacarme de la machine envahie toutes les pièces, les bureaux, le centre de coordination, vaste pièce au rez-de-chaussée, l'entrepôt où sont stockés les sacs de riz, des bâches pour abris de fortune, des kits d'hygiène pour bébés, ...

Sitôt l’hélicoptère parti, les activités de chacun reprennent de plus belle. Klas travaille sur la création d'un kit pour fabrication d'abris temporaires ; Franck essaye d'améliorer la sécurité du site ; Lenhart coordonne les différentes activités et la distribution alimentaire ; Katheline résout les innombrables problèmes d'intendance... Ici il est indispensable de parler anglais ! En effet dans la même équipe se trouvent haïtiens, mexicains, argentins, américains, danois, allemands, canadiens, espagnols et français.

Les journées sont éprouvantes mais pas plus que celles de ceux qui vivent à une centaine de mètres dans des abris de fortunes : le camp de réfugiés du campus adventiste. Là vivent entre 12 000 et 14 000 personnes. Les abris sont vraiment rudimentaires, certains ne sont pas imperméables. Cette nuit la pluie est tombée fort...

C'est grâce au soutien d'ADRA mais aussi à leur débrouillardise que les gens vivent tant bien que mal et que la situation sur le camp s'améliore de jour en jour.

Un autre endroit sur lequel ADRA est en train de développer des actions est la commune de Petit-Goave. Elle est située sur la faille qui s’est ouverte à 60 km à l'ouest de Port au Prince. Là-bas peu de bâtiments ont résisté à la force du tremblement de terre et l'aide humanitaire se met en place. ADRA a installé une unité de production d'eau potable pour l'hôpital qui bien que partiellement détruit continu de fonctionner. Des kits d'hygiene y seront distribués dès demain. ADRA projette d'ouvrir un bureau permanent sur cette zone.

L'hélicoptère revient pour une dernière rotation avant que la nuit tombe...

- Max

Photos :
(1) L'hélicoptère
(2) Une unité de production d'eau
(3) L'Hôpital de Petit Goâve ... ou ce qu'il en reste


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