lundi 16 avril 2012

Reconstruction après les conflits en Côte d'Ivoire #3


En Côte d’Ivoire, depuis les élections controversées en 2010, de violents conflits ont éclaté ravageant le pays et appauvrissant la population. Bien que ces conflits se soient aujourd’hui apaisés, les conditions de vie reste difficiles. ADRA France à participé à un projet pour la reconstruction de logements et la sécurité alimentaires des populations. Kahou Aime Narcisse est l'un des bénéficiaire de ce projet, il témoigne.

Dans le village de Guibobly à l’ouest de la Côte d’Ivoire, Kahou Aime Narcisse qui travaille à la reconstruction de sa maison, fait une pause, s’assied sur le seuil et nous raconte son histoire :

« En février, l’année dernière nous avions entendu dire que de violents conflits avaient éclaté et que la guerre se rapprochait. Peu de temps après, nous avons entendu des coups de feu, des hommes sont entrés en courant dans le village et tiraient en l’air pour effrayer les habitants. J’ai couru avec ma femme et mes sept enfants en direction de la forêt. Nous étions terrorisés et dans la précipitation, nous n’avons pas eu le temps d’emporter la moindre affaire. Nous nous sommes caché quelques temps dans la forêt. Nous dormions à même le sol et mangions les quelques fruits sauvages que nous pouvions trouver, toujours encerclés par les coups de feu. J’étais très inquiet pour mes enfants en voyant toutes ces personnes âgées et ces jeunes enfants tomber malades et mourir.

Un jour, j’ai été informé de la présence d’un camp au Libéria où pouvaient aller se réfugier ma femme et mes enfants. Ils y sont encore aujourd’hui. J’ai vécu 5 mois dans la forêt jusqu’à ce que j’apprenne qu’une association aidait à la reconstruction de maisons dans mon village. J’y suis retourné. Aujourd’hui je travaille dur pour reconstruire ma maison et faire en sorte que ma femme et mes enfants reviennent sains et saufs. Je remercie sincèrement ADRA de m’avoir donné cette opportunité. »

Leia Mais…

jeudi 22 mars 2012

Témoignage: Reconstruction après les conflits en Côte d'Ivoire






Maurice et Simone constatent, aux côtés de leur famille, leur maison détruite. Simone, 56 ans, témoigne :

« Une nuit, nous avons été réveillés par des coups de feu, des cris et des hurlements. J’étais terrorisée. J’ai couru tout en essayant de rester avec ma famille mais c’était impossible à cause de l’obscurité et de l’affolement général. Nous n’avions pas été prévenus de cette attaque, c’est arrivé si soudainement. Nous avions l’impression qu’on nous tirait dessus. Nous avons tous couru en direction de la forêt en laissant tout derrière nous. En tout, nous sommes restés 6 mois dans la forêt, changeant constamment de place pour ne pas nous faire prendre par les miliciens. Le plus dur à supporter quand on vit dans la forêt c’est la faim constante et l’angoisse de ne pas trouver assez de vivres pour nourrir nos enfants. De plus, nous étions souvent malades et ne disposions d’aucun médicament. Et quand la pluie venait, nous ne pouvions nous réfugier que sous les feuilles des arbres.
Un jour, nous avons été prévenus que la guerre avait cessé et que nous pouvions sortir en sécurité de la forêt. Nous avions aussi entendu dire que des gens aidaient à la reconstruction des maisons. Notre objectif aujourd’hui est de terminer la reconstruction de la nôtre grâce à l’aide d’ADRA. Quand nous aurons terminé, trois de mes enfants qui ont trouvé refuge dans un camp au Libéria pourront rentrer. Je serai tellement heureuse lorsque ma famille sera réunie ! »

Leia Mais…

mardi 28 février 2012

Reconstruction après les conflits en Côte d'Ivoire


En Côte d’Ivoire, depuis les élections controversées en 2010, de violents conflits ont éclaté ravageant le pays et appauvrissant la population. Bien que ces conflits se soient aujourd’hui apaisés, les conditions de vie se sont pas meilleures pour autant. ADRA France soutient un projet pour la reconstruction de logements et la sécurité alimentaire des populations. Gaspard et Florence sont deux bénéficiaires de ce projet, ils ont accepté de témoigner.

Gaspard Dehe et sa femme Florence ont connu la terreur et l’horreur de la guerre. En février 2011, des hommes sont entrés dans leur village de Kebouebo situé à l’ouest de la Côte d’Ivoire les obligeant à fuir leur maison avec leurs enfants. Les hommes tiraient au fusil et hurlaient qu’ils allaient tuer tout le monde. Gaspard nous raconte son histoire :


« C’était terrible ! J’essayais de trouver mon jeune enfant au milieu de toute cette confusion et en même temps de protéger ma femme enceinte de 8 mois. Nous avons couru nous cacher dans la forêt pour échapper à ces hommes. Nous n’avons pas eu le temps de prendre nos affaires, laissant tout derrière nous. Pendant 4 mois, nous sommes restés caché dans la forêt. Le plus difficile a été de prendre soin au mieux de mes enfants dans ces conditions et de leur trouver de quoi manager. Nous dormions sur le sol. Ma femme accoucha dans la forêt aidée par quelques sages-femmes du village. Nous n’avions ni vêtement ni autre articles pour le bébé. Quand nous sommes enfin sortis de la forêt, il ne restait plus rien de ce que nous avions laissé au village, tout avait disparu. Les hommes avaient détruit notre maison et prit tout ce qui avait de la valeur. Nous devions tout reconstruire avec rien. Je ne remercierai jamais assez ADRA de l’aide qu’ils nous ont apporté pour la reconstruction de notre maison pour toute ma famille. »

Leia Mais…

samedi 25 février 2012

Prévention de la grossesse non désirée pour les femmes Roms en Albanie

La clinique de santé mobile parcours Tirana et ses environs pour aller à la rencontre de la population. ADRA Albanie mène, depuis quelques années, des activités en faveur des populations défavorisées telles que les communautés Roms. Pour plus de cohérence et de pertinence, les projets centraux d'ADRA Albanie ont été en partie rattachés à ceux de la clinique mobile.


Nous avons donc décidé d’envoyer les cliniques mobiles à la rencontre des familles Roms. Nous nous sommes aperçu récemment que les femmes de la communauté Roms subissaient de nombreux avortements. Par exemple, nous avons rencontré une femme de 52 ans qui avait eu 53 avortements dans sa vie, ce qui fait en moyenne deux avortements par an. Cet acte est souvent non-médicalisé et comporte de sérieux risques pour les femmes qui le pratique.

La clinique mobile de santé mène donc aujourd'hui des actions de prévention: présentation des différents moyens de contraception et des risques encourus lors des avortements. Nous employons tous nos efforts afin d'aider la population Roms pour améliorer leurs conditions de vie et faire évoluer certaines pratiques à risque comme l'avortement non médicalisé.


Andrew, Volontaire en Albanie

Leia Mais…

jeudi 26 janvier 2012

Une nouvelle année commence pour les enfants de Fushe Kruja

Cette année, après un bref passage en France pour les fêtes, me voici de retour sur le projet pour la communauté Rom de Fushë Kruja, en Albanie. Et quel retour ! Depuis début janvier, avec une collègue psychologue, nous avons commencé un projet de pré-scolarisation pour les enfants Rom de cette même communauté. Nous avons commencé depuis octobre à faire quelques activités avec les enfants, mais cette fois, nouvelles résolutions prises, c’est du sérieux !


Nous apprenons ensemble l’alphabet albanais, à compter et additionner, à parler un peu anglais, à dessiner, à chanter ! Mais surtout, nous apprenons à vivre ensemble ! En effet, même si nous progressons dans les cours d’alphabétisation et d’arithmétique, ce dont nous sommes le plus fiers, c’est que ces enfants prennent de plus en plus d’assurance et d’estime de soi. Ils deviennent curieux et ont envie d’en apprendre toujours plus sur le monde qui les entoure.

Comment est-on parvenu à cela ? Par le jeu et la bonne humeur !


Nous commençons tous les cours par apprendre à écrire une nouvelle lettre de l’alphabet, puis on compte (des vaches, des poules et les camarades de la classe), on fait des additions, puis on chante et on sort dans la cour faire un peu de gym pour se remettre en forme ! Mais ce que les enfants attendent le plus, c’est les activités quotidiennes et toujours nouvelles. Nous avons par exemple organisé un mini théâtre de marionnettes pour expliquer de manière ludique qu’on ne prend pas de force les affaires des autres, mais qu’on peut demander gentiment, et que cela marche mieux ! On apprends à distinguer la gauche et la droite en dansant tous ensemble ! On organise des petits débats pour parler du quotidien ! Je vous invite à regarder ces quelques vidéos pour vous rendre compte de la bonne humeur dans laquelle ces enfants apprennent.



Ce mois touche déjà à sa fin, et nous commençons à préparer les activités pour février. Les activités seront consacrées à l’étude de la famille et de la communauté. On va apprendre à tracer un arbre généalogique, à comprendre ce qu’est une communauté, un pays, etc. Nous avons pour but de leur faire prendre conscience de leur propre identité et les faire partager leur culture. On commencera également à observer les pays du monde à travers les cartes, des histoires, des photos ... Le programme est chargé et je vous ferai part de la suite de nos aventures avec les enfants Rom le mois prochain !


A bientôt !


Marika

Leia Mais…

vendredi 2 décembre 2011

Mariée à 12 ans: au revoir éducation, bonjour nouvelles responsabilités

Il y a quelques jours l'une des jeunes filles qui participe à nos cours d'alphabétisation à Fushe Kruja s'est mariée. Ce serait une heureuse nouvelle de vous annoncer un événement pareil, sauf que la jeune mariée n'a que 12 ans.

Quelle ne fut pas la surprise quand ce lundi matin, cette jeune fille qui était très active, participait toujours en cours et avait cette forte volonté d'apprendre nous fait dire par ses camarades qu'elle ne viendra plus en cours.

En effet, se marier c'est endosser de nouvelles responsabilités: s'occuper de la maison, préparer les repas, faire la lessive. Bref, plus le temps d'aller en cours. Plus le temps le temps de vivre avec ses camarades des moment de joie et de partage, ni le temps de profiter de son adolescence, période dont pratiquement toute les jeunes filles de la classe sont privées, mais qu'elles arrivent à vivre brièvement pendant les quelques heures passées en classe.

Ses camarades nous ont brièvement expliqué que la veille ils ont célébré son mariage avec un homme qu'elle fréquentait depuis deux ans, soit lorsqu'elle n'avait encore que 10 ans. Nous avons relancé le débat sur le mariage, sujet déjà abordé au cours de nos précédentes rencontres. Ces jeunes filles réalisent de plus en plus les conséquences du mariage à un si jeune âge, elles y pensent. Elles comprennent que l'éducation augmentera leurs chances de trouver un travail, et leur ouvrira d'autres perspectives dans la vie. Qu'elles pourront choisir leur avenir et pouvoir décider si oui ou non elles veulent continuer à vendre des vêtements d'occasion, s'occuper de leur maison et de leur famille, trouver un travail, etc. Bref, être des individus à part entière.

Le jour même, nous sommes allés parler à la belle-mère de cette jeune fille. Par chance, elle est déjà venue à nos cours et elle comprend l'enjeu et l'importance d'apprendre à lire et à écrire. Et elle donc accepté que sa belle fille retourne en cours.

Nous avons donc pu faire revenir cette jeune mariée. Mais est-ce que ce sera le cas de toutes nos autres jeunes étudiantes? L'éducation est la clé. Et petit à petit, nous changerons les perspectives d'avenir pour ces jeunes filles. C'est en tout cas notre espoir.

-Marika

Leia Mais…

vendredi 18 novembre 2011

Asha, une femme somalienne

Frank Spangler, un vidéo-journaliste d’ADRA, a écrit ce témoignage suite à sa récente visite en Somalie. Vous pouvez visualiser l’un de ses reportages sur http://vimeo.com/28385228.

Dans l’un des villages visités, nous avons rencontré une jeune femme nommée Asha. Elle a 22 ans, mais elle a déjà eu quatre enfants. Avant, elle et son mari possédaient des chameaux, des ânes et 80 chèvres. Lorsque leur pâturage s’est desséché, ils ont essayé de trouver un meilleur emplacement, mais peu importe où ils allaient, ils n’ont rien pu trouver. L’herbe était devenue sable ! En fin de compte, tous leurs animaux ont péri de même que deux de leurs enfants avant d’atteindre Sool.

La généreuse population de Sool les ont laissés s’installer et les ont aidés à se nourrir. Mais quel est l’avenir de cette jeune femme, je me le demande… Comment pouvez-vous vous remettre d’une telle catastrophe ? Même si la pluie revient, comment pouvez-vous reconstituer votre cheptel si vous n’avez pas les moyens pour le faire ? Elle avait l’air si jeune ! Comment pouvait-elle avoir déjà eu quatre enfants ? Comme cela a dû être douloureux pour elle de voir deux des siens dépérir et mourir ! Elle aurait pu être à l’école quelque part, mais pas être une mère affligée avec deux tombes perdues quelque part dans le paysage poussiéreux de la Somalie.

À certains moments, les désastres naturels ou de la main de l’homme demandent une solution d’urgence pour sauver des vies. C’est justement une de ces périodes qui est la pire sécheresse depuis 60 ans. 12 millions de personnes sont affectées. Beaucoup ont déjà tout perdu et marchent des jours entiers pour rejoindre des centres de distribution. Quelques uns, comme Asha, ont perdu leurs enfants sur la route et risquent de perdre encore plus si le monde ne leur vient pas en aide....

-Frank Spangler

Traduction : Marie-José Saint

Leia Mais…